Passeurs de Rêves

Atelier Passeurs de Rêves
Espace investigué Le monde et mon monde
Acte plastique Représenter, baliser, indiquer, signaler, cartographier, se souvenir,   transmettre
Techniques Archaïques, simples, premières, basiques : impression, gravure, empreintes, …
Repères, références La peinture aborigène, la cartographie

 

Référents

« Ma façon de peindre, c’est ma façon de penser. De mon oncle Gomindju, j’ai hérité du « rêve de la chauve-souris ». Ce Rêve est sacré, mais je peux le peindre et le vendre aux Balandas (les blancs) à condition de ne pas livrer l’histoire qui s’y rattache. Sur les écorces que nous vendons, nous peignons certaines choses différement que lorsque c’est sur le corps. Nous changeons les couleurs, nous mélangeons les ocres. En peignant pour vendre, en partageant nos peintures religieuses avec les Balanda, nous pouvons espérer être mieux compris d’eux… Dans la loi Yolngu, nous héritons de notre père la propriété des peintures et des Rêves ; de notre mère le droit d’en faire usage. Personne ne peut les copier sans demander la permission. Mon père m’a dit : « ça c’est ton Rêve ; mon Rêve, c’est la chauve-souris, c’est l’oie, c’est le chien, c’est le nénuphar, la pie, le python à tête noire et le Goanna. Mes peintures sont mon âme, mon warro… Chacune concerne la terre. Toutes ont ce but : faire que les Yolngu restent forts. » George Milpurrurru.

« chaque récit mythologique est associé à un territoire dont une ou plusieurs familles ont la charge. Il leur incombe de mettre en scène l’histoire sacrée de leurs ancêtres, afin de transmettre le tracé de leurs itinéraires aux générations suivantes… les représentations picturales racontent ces histoires à l’aide de formes figuratives ou géométriques… »

 « …Ainsi l’espace n’est pas seulement une étendue géographique, mais véhicule une signification religieuse et identitaire particulière : si l’on passe par un endroit où un ancêtre récoltait l’oignon sauvage, on y fait halte à son tour pour le récolter ; si l’on sait qu’un héros mythique malveillant risque d’infester un point d’eau, on ne s’y arrête pas. Les reliefs et les lieux ainsi désignés par les Rêves constituent le patrimoine culturel et spirituel des Aborigènes. »

Extraits de : S. MUECKE et A. SHOEMAKER, Les Aborigènes d’Australie, découvertes Gallimard

 Le pays – les lignes – la topographie

« Les hommes blancs commettaient l’erreur de croire que, comme les Aborigènes étaient des vagabonds, ils ne pouvaient avoir mis en place un système de propriété foncière. C’était une aberration. Les Aborigènes ne concevaient pas le territoire comme un morceau de terre délimité par des frontières mais comme un réseau de « lignes » et de voies de communication entrecroisées . Par ailleurs, l’intérieur de l’Australie n’était que broussailles arides ou déserts. Les pluies y tombaient de façon inégale. Dans ce type de paysage, se déplacer était vital , rester sur place était suicidaire . Chacun disposait au moins de quatre chemins de sortie sur lesquels il pouvait se lancer en temps de crise . Chaque tribu devait entretenir des relations avec ses voisins »

« Mais le troc des choses est la conséquence du troc des chants. Ce sont les chants et non pas les choses qui représentent le principal moyen d’échange »

« Personne n’était sans terre, puisque chacun recevait en héritage un tronçon du chant de l’ancêtre et un tronçon du pays où passait ce chant. Les strophes que possédait un homme constituaient ses titres de propriété. Il pouvait les prêter à d’autres. Il pouvait en emprunter à d’autres en retour. Mais, par contre, il lui était impossible de les vendre ou de s’en débarrasser »

 Les itinéraires chantés

« Le pays doit rester vierge, comme il était au Temps du Rêve, à l’époque où les ancêtres amenèrent le monde à l’existence en le chantant

« Chaque ancêtre a laissé dans son sillage une suite de mots et de notes de musique et les pistes de rêve forment dans tout le pays des « voies » de communication entre les tribus les plus éloignées »

« Un chant est à la fois une carte et un topo-guide. Pour peu que vous connaissiez le chant, vous pouviez toujours vous repérer sur le terrain »

« Les Aborigènes ne pouvaient pas croire que le pays existait avant qu’ils ne l’aient vu et chanté – exactement comme au Temps du Rêve, le pays n’avait pas existé tant que les ancêtres ne l’avaient pas chanté »

« Dans la foi aborigène, une terre qui n’est pas chantée est une terre morte, puisque, si les chants sont oubliés, la terre elle-même meurt »

« La musique est une banque de données servant à trouver son chemin dans le monde »

« Pendant des milliers d’années, nous sommes allés où nous voulions et sommes revenus chez nous sans dommage, grâce au chant »

« Ce qui rend le chant Aborigène si difficile à appréhender, c’est cette interminable accumulation de détails

 Les dessins de sable

«La mère Aborigène trace des dessins dans le sable pour illustrer les vagabondages des héros du Temps du Rêve »

« Elle marque sur le sol les empreintes de pas de l’ancêtre en faisant courir son index et son majeur, l’un après l’autre, en une double ligne pointillée. Elle efface chaque scène avec la paume de la main et termine en traçant un grand cercle traversé d’un trait – un peu comme un Q majuscule. Ce point indique le lieu où l’ancêtre, épuisé par les travaux de création, est « retourné à l’intérieur »

« Les dessins sur le sable faits pour les enfants ne sont que des esquisses ou des « versions autorisées » des véritables dessins représentant les vrais ancêtres, lesquels ne sont réalisés que lors des cérémonies secrètes et ne doivent être vus que des initiés »

« Les Aborigènes, quand ils reproduisent un itinéraire chanté dans le sable, dessinent une série de lignes interrompues par des cercles. Une ligne représente une étape du voyage de l’ancêtre (habituellement une journée de marche ». Chaque cercle est un « arrêt », « point d’eau » ou un des lieux de camp de l’ancêtre »

 Extraits de B. Chatwin, le chant des pistes, Grasset ou Le livre de Poche

 

ATELIER (150 minutes)

Echauffement (40 minutes)

  1. Souvenir de voyage – Par deux, se raconter un souvenir de voyage (du voyage le plus infime au voyage le plus fou.. : ballade, trajet routinier, découverte d’un lieu inconnu): une personne raconte, l’autre écoute, pose des questions pour avoir le plus d’infos possibles sur les lieux, personnes rencontrées, sensations diverses et en « garde trace par quelques mots clés puis inversion des rôles   (15 min’)
  2. Ecriture en quelques lignes dans votre carnet de traces de ce souvenir de voyage à partir des mots clés et d’autres images… (15’)
  3. Lecture des textes (10’)

Etude, essais, phase préparatoire : composition et décomposition (80 minutes)

  1. Listez dans l’ordre les endroits précis par lesquels vous êtes passés ; ceux dont vous vous souvenez (un carrefour, un arbre, un bistrot, une ferme, une étape, une croix, un lac…) ainsi que les moments (soleil couchant, repas, rencontre…)

En vis-à vis indiquez l’intensité/ la qualité du souvenir et/ou l’importance de ces endroits par une de ses caractéristiques (immense, froid, dangereux… sans importance)

Listez dans l’ordre les personnes rencontrées (un douanier, une grand-tante, un ami, un inconnu ou… absolument personne

En vis-à-vis, indiquez l’intensité, la qualité de la rencontre par une de ses caractéristiques (forte, marrante, futile, intellectuelle, amoureuse… ou sans importance).

(15’ pour les deux consignes)

  1. Dans votre carnet de traces, tracez très sommairement l’itinéraire, comme si vous expliquiez un chemin, en vitesse à un passant » (10’)
  2. Classement  (15’): classez les éléments de vos listes en catégories (hommes, femmes, point d’eau, bâtiment, objet sacré, lieu public…)

Trouvez un signe-symbole le plus simple possible pour chacune des catégories

Choisissez maintenant la technique, l’outil et le support qui vous permettront de (re)produire ces symboles »

Trouvez un moyen de tracer l’itinéraire

Ce moment me semble être à la fois le plus important et le plus laborieux : il faut déterminer le code. 15 minutes me semblent vraiment trop peu. Je propose une heure ! hum…

Références (10’)

  1. Lectures des textes sur les aborigènes. (et surligner une ou deux phrases qui me parlent particulièrement + lecture ?) 10’

Création, recomposition, production (70 minutes)

  1. Vous transmettez votre rêve à une personne de votre choix, celle à qui vous n’avez rien à cacher à propos de ce Rêve… Utilisez le code choisi ; pensez à codifier également les caractéristiques (fort, féminin, triste…) sans tout Rêve-éler de votre monde… Nous n’avons pas à tout comprendre – Deux formats possibles : en longueur et accordéon (voir livre d’A. Maeght) ou format carte routière (avec pliages ??) préciser la taille

 Matériel

  • Livre de la collection d’Adrien Maeght : la Belle au bois dormant
  • Référents bibliographiques sur les Aborigènes : texte, musique…
  • Matériel de gravure, (à préciser) : cuters, gouges, pigments, brou de noix, café, liant (huile de lin, œuf ??), matériel pour fabriquer des cachets (cartons divers, colle..)
  • Exemples de peintures, et de cartes routières ? à montrer.

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