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EXPÉRIMENTATIONS GÉNÉRATIVES / UNE MACHINE Á DESSINER – 3

Présentation ici des données de l’activité pour des étudiants de bac2, option graphisme.

Deuxième séance : 

Après le temps d’observation et de compréhension de la machine (voir première séance), il s’agit maintenant de définir ce que l’on pourrait appeler « l’algorithme » pour en parallèle, penser « série » et « sens ».

La première séance était centrée sur la manipulation, l’expérimentation: essais/hypothèses, hasard/accident. Il convient tout au long du processus de prendre un peu de hauteur vis-à-vis de la tentation du « tout au ludique », et donc d’observer ce qu’il se passe, de comprendre.

L’observation des phénomènes doit permettre d’avancer dans deux directions en parallèle:

  1. La mise au point technique (soigner les propositions et régler la machine)
  2. L’analyse réflexive

L’analyse, la réflexion de chacun des étudiants doit pouvoir porter sur un ou plusieurs axes, et cela selon ce qu’est capable de faire la machine et selon des intentions se construisant au long de l’observation. Les différents axes de réflexion possibles et identifiés à présent (ceci n’est donc pas exhaustif) portent sur:

  • Le signe, la trace. Ceux-ci vont-ils m’emmener vers une proposition d’écriture, de signes graphiques, de peinture ou de dessin? Et selon mes observations vais-je viser une application et une réflexion vers ce que me proposent ces différentes pistes: la possible création typographique? un travail d’identité visuelle ou de signalétique? une machine qui dessine, tout simplement?
  • Le rapport machine/humain. Dans quelle mesure ma machine est-elle autonome? Quelle action dois-je exercer au minimum? Dois-je la canaliser? Dans certains cas, m’oblige-t-elle à participer, voire à la maîtriser?
  • L’outil en lui-même. Une question centrale est « de quoi cette machine est-elle capable? ». Et pour qu’elle soit identifiée comme unique, comme pouvant apporter un « plus » à la création, « en quoi est-elle capable de produire du différent, du nouveau, et pas seulement des cercles? ». Une autre série de questionnements se posent alors: comment utiliser, valoriser sa fonction première pour faire sens? En effet un ventilateur permet, si je fixe un crayon sur une de ses pales, de produire un cercle, comme beaucoup d’autres objets. Mais un ventilateur produit du vent, autant exploiter cette piste plus singulière, comme la balance indique le poids, le métronome le tempo etc.
  • Le métalangage. Nous voyons dans la vidéo ci-dessous que certaines recherches nous mènent à réfléchir sur la représentation graphique elle-même. Et cela grâce au hasard ou à l’accident, récupérés tous deux comme facteurs de création. Lorsque Maxime entoure sa projection de couleur, il n’a d’autre intention que de protéger l’espace de l’atelier. Et pourtant il nous montre à voir que ce qui protégeait ses éclaboussure devient au même moment une autre réprésentation graphique du geste qu’il posait. On peut comparer ce résultat à une coupe géologique mise en parallèle à une vue aérienne ou à un plan de bâtiment au côtés de sa vue en coupe. Ce que propose Diego en voulant imprimer sa trace plusieurs fois nous emmène vers une réflexion sur les limites de l’impression manuelle. Un dessin algorithmique généré par ordinateur pourra être imprimé une infinité de fois avec la même exactitude, nous aurons à chaque fois un original, l’impression manuelle nous propose l’inverse: une dégénérescence due aux limites de l’impression.

Ces axes de réflexion doivent permettre aux étudiants de définir leur algorithme en précisant des règles, en déterminant des limites afin de produire une série qui ait du sens. Il s’agit de faire  une proposition graphique « à propos du graphisme génératif », de son processus de création et/ou de la production finale.

Les questions posées clairement pour un moment d’écriture sont à ce moment-ci:

  • Quelles sont les règles qui vont fixer mon algorithme?
  • Que dire de mon intervention vs l’autonomie de la machine?
  • Ai-je envisagé, fixé des limites de temps? Pourquoi?
  • Ai-je envisagé, fixé des limites d’espace? Pourquoi?
  • Ai-je envisagé différents possibles?

Et un peu plus tard dans le processus:

  • Décrivez maintenant votre algorithme:
    • espace, temps, couleurs etc.
    • codes, signes et traces:exploitation des possibles.
  • Sur quel(s) axe(s) porte ma réflexion (le signe, le rapport moi-outil, le sens de l’outil, le métalangage)?
  • Comment je vois la suite: intentions, série…

 

Charlie Hebdo, et après?

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Aujourd’hui Charb, Cabu, Wolinsky et Tignous sont morts dans une fusillade qui en a fait 11. Des kalachnikov et un lance roquettes se sont senties menacées par des crayons, des hommes cagoulés par des hommes-idées.

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Est-ce aussi simple que ça ? Que faut-il craindre de plus que les croyances et les peurs qui vont stigmatiser davantage encore ? La liberté d’expression menacée sans doute… Mais tout ça est lié.

Aujourd’hui une part de l’Art est morte. Cette part qu’on lui confie de bousculer, de dénoncer, de provoquer, d’être subversive, de… Ou bien n’est-elle pas vraiment morte?

Pourquoi pas plus forte d’ailleurs ?

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Nous sommes sur un blog didactique. Que va-t-on faire de ça? Comment les profs d’art, de com, d’illustration, de BD, de graphisme, de photo, d’actualité culturelle… vont-ils utiliser tout ça? Lire la suite

Topographie de ma vie

Dans le cadre de l’obtention de l’agrégation, Mélanie Lemaître (promotion 2012) nous propose cette séquence « topographie de ma vie » basée sur trois axes principaux s’imbriquant l’un dans l’autre: celui de l’investigation, celui du temps et celui de l’espace. L’investigation dans un temps donné et dans un espace choisi, sur un sujet personnel « autobiographie » sous la forme d’actions démultipliées, me semble être un facteur de créativité propice à l’éclosion d’oeuvres différentes.

Au-delà de la préparation de sa séquence, Mélanie reprécise les notions de topographie, de créativité, de carnet de bord etc.

Cette séquence se trouve ici dans son entièreté: topographie de ma vie

Y réagir, c’est se l’approprier.

Structures en perspectives

article publié dans TRACES de changements, 171, mai 2005

Comme nous en avons pris la bonne habitude, chaque année, juste avant les bourgeons, nous partons nous ancrer dans un autre terroir, espérant ainsi enraciner de nouvelles essences, débarrassés de nos humus.

Comme à l’habitude aussi nous partons pour écrire à propos de nos pratiques. Le thème de cette cuvée : « structuration, pédagogies actives… ».
Le trio de préparation, dont je fais partie (nous faisons ça à tour de rôle) décide de lancer les écritures sur base d’activités d’apprentissage vécues. Benoît est prof de math, et moi d’arts plastiques. Il nous vient assez rapidement l’idée de mettre en place deux activités à propos d’une notion commune : « la perspective ». Je sais que l’activité de math sera structurée et minutée. Je proposerai donc une activité moins construite.
Chance ou pas avec le temps [1], nous sortirons. Chacun disposera d’une planchette rigide avec pince, de quelques feuilles de papier blanc, d’un crayon et d’une chaise. Je ferai deux sous-groupes et les disposerai à des endroits différents devant (ou derrière) ce bâtiment que je ne connais pas. La consigne sera : dessinez le bâtiment.
Le reste suivra. La démarche sera inductive. Je ne connais pas le niveau des participants. Ils auront à se corriger mutuellement, on essaiera d’émettre des hypothèses que l’on vérifiera en dessinant d’autres objets à partir de nouveaux points de vue. Les notions à construire seront celles de « ligne d’horizon » et de « point de fuite ».
L’activité en elle-même ne peut être décrite qu’après avoir été vécue. C’est ce que disent les textes ci-autour :
Analyser, déconstruire, reconstruire
Une expérience déstabilisante
Dessine-moi un cube
À hauteur d’yeux
Celui qui ne voit pas