Je signe donc j’existe

Atelier Je signe donc j’existe
Espace investigué Espace personnel et témoignage d’une identité : marques (personnelles, professionnelles..) et signatures
Acte plastique S’approprier, nommer, marquer
Techniques Calligraphie : comment jouer avec le souffle et le sable pour laisser des tracesImpressions en creux et en reliefs, monotypesRecherches graphiques, mots-images, comment « torturer » une lettre
Repères, références Lettrines, calligraphiesAlphabets du monde et les histoires de l’origine de chaque lettre (réelles ou fictives),lettres capitales, lettres bas de casseDifférentes manières de tracer l’alphabet latinBen, marques et logos, héraldique, symbolique, blasons, sigles

 

Signatures manuscrites

Dans les cultures pour lesquelles les systèmes d’écriture sont basés sur un alphabet, la signature d’une personne se présente généralement comme une forme personnalisée de l’écriture à la main de ses propres prénom et nom (pas forcément dans cet ordre). Cette forme peut être simplifiée, calligraphiée, dessinée de diverses manières, et associée à des effets de style (traits, courbes, points, etc.) qui sont mis au point par l’individu pour personnaliser cette signature et la rendre à la fois unique et si possible difficilement reproductible par d’autres que lui

Au Moyen Âge, les artistes ne signaient pas leurs œuvres. Il faut attendre la Renaissance pour voir la première œuvre signée. Il s’agit de La Pieta de Michel-Ange qui porte l’inscription « Michel-Ange facebat » (« Michel-Ange l’a fait », en latin).

Signatures par cachet

Plusieurs cultures utilisant des systèmes d’écriture non alphabétiques ne partagent pas la notion occidentale de la signature manuscrite : dans ces cultures, l’action de signer de son nom ne diffère en rien de l’écriture normale de son nom. En effet, dans ces systèmes d’écriture, écrire ou signer son nom revient au même car les caractères utilisés sont les mêmes. Le chinois, le japonais ou le coréen sont des exemples de langues placées dans ce cas. En pratique, dans la culture asiatique, les gens utilisent des inkan (une forme de sceau nominatif) où leur nom est écrit avec une graphie dite tensho (littéralement, une graphie de cachet) à la place d’une signature manuscrite.

Signature numérique

Aussi appelées signatures électroniques’, il s’agit d’un type de signature destiné à garantir l’authenticité d’un message ou d’un document informatique. Ces signatures ne sont pas conçues pour être lisibles directement par l’homme, et se présentent comme des séquences arbitraires de caractères alphanumériques ou de bits.

A propos du mot « signature »

Signature illisible, codée, légalisée.
Signature sociale.
Signature radar.
Signature de l’impétrant.
Signature d’une personne, d’un artiste, d’un couturier.
Signature d’un contrat, d’un traité.
Signature au bas d’une page, au dos d’un chèque.
Signature devant notaire.
Belle signature.
Authenticité d’une signature.
Sans signature.
Aboutir à une signature.
Apposer une (ou sa) signature.
Authentifier une signature.
Avoir la signature (pour un associé).
Avoir une belle signature.
Certifier une signature.
Collecter des signatures.
Contrefaire une signature.
Désavouer sa signature.
Discréditer une signature.
Donner sa signature.
Empêcher une signature.
Engager sa signature.
Escroquer à quelqu’un sa signature.
Être ouvert à la signature.
Extorquer à quelqu’un sa signature.
Faire honneur à sa signature.
Faire légaliser sa signature.
Honorer sa signature.
Imiter une signature.
Mettre sa signature sur un document.
Nier sa signature.
Obtenir six cents signatures (pour une pétition).
Reconnaître sa signature.
Recueillir des signatures.
Reproduire une signature.
Retarder une signature.
Revêtir de sa signature.

Signe : marque, emblême, figure, image, insigne, représentation, symbole, piste, preuve, reste, témoignage, vestige

Signe : élément du caractère d’une personne ou d’une chose qui permet de le reconnaître

Signe : objet matériel simple (figure, geste, couleur) qui, par rapport naturel ou par convention est pris dans une société donnée pour tenir lieu d’une réalité complexe

ATELIER

(Atelier inspiré e.a. de Ben « Moi, Ben, je signe tout, y compris les cadres, les boîtes mystères, Dieu, les eaux sales, la lumière, les trous, la mort, les terrains vagues, le manque, les couleurs, le temps, la ligne d’horizon, le déséquilibre, les miroirs…  mais aussi des monogrammes/emblèmes, signes et signatures à travers l’histoire

La signature naît d’un ensemble de lettres. On peut y voir une succession de sons, un lien avec la loi (honorer sa signature, signature authentique) mais aussi des possibilités infinies de jeux graphiques et symboliques (rapport établis par l’usage ou par une convention entre une idée et son expression : signes du zodiaque, blason familial ou emblème de corporation …

 

Préliminaires :La signature, à quoi ça sert ? (25minutes)

  1. Fresque de mots collective autour du mot « signature » : autour d’une grande feuille, écrire les mots qui me viennent quand je pense au mot « signe ». Collectif (15’)
  1. Individuellement : Une signature, c’est… Une signature, ce n’est pas………… (10’)
  1. Echauffement (50 minutes) : Mises en situation pour la recherche de calligraphies libres et de graphismes pour une lettre du prénom ou du nom
  1. Calligraphies libres (20’)

Déposer du sable sur des feuilles blanches – Avec des bâtons, rechercher différentes traces et les effacer puis recommencer avec le souffle – Quand le tableau de traces me plaît, j’en garde une empreinte (avec le crayon, j’indique dans les vides laissés par le sable la trace sur la feuille) – Finalement, j’enlève le sable et j’accentue les traces en repassant à l’encre de chine

  1. Chacun choisit une lettre de son prénom. Il reçoit le dessin cette lettre telle qu’elle était à l’origine (pex– a = aleph – taureau/bœuf, b = bèt = maison… ) et il est invité à dessiner l’évolution de cette lettre depuis son origine jusqu’à la lettre actuelle telle qu’il l’imagine et d’après les éléments qu’il en a. Il lui est possible ensuite de compléter cet aperçu à l’aide d’ouvrages comme celui de M. A. Ouaknin, Les mystères de l’alphabet, Assouline, 1997

Il peut aussi dessiner l’évolution de la lettre capitale vers la lettre bas de casse. (15’)

  1. Recherche de graphismes autour d’une lettre (15’)
  2. Chacun reçoit la description de l’initiale de son prénom à partir des extraits de textes de :
    1. Kipling (« Histoires comme ça ») A à partir de la gueule ouverte d’une carpe, Y à partir de sa queue, O à partir d’un œuf, S d’un serpent, H des perches où l’on suspend les peaux, I d’un harpon intact, L d’un harpon cassé, M d’une bouche fermée, R d’une dent de scie..
    2. Le Clezio  (« Mondo »):  « L’homme avait pris dans son sac de plage un vieux canif à manche rouge et il avait commencé à graver les signes des lettres sur des galets bien plats. En même temps, il parlait à Mondo de tout ce qu’il y a dans les lettres, de tout ce qu’on peut y voir quand on les regarde et quand on les écoute. Il parlait de A qui est comme une grande mouche avec ses ailes repliées en arrière ; de B qui est drôle, avec ses deux ventres, de C et D qui sont comme la lune, en croissant et à moitié pleine, et O qui est la lune tout entière dans le ciel noir. Le H est haut, c’est une échelle pour monter aux arbres et sur le toit des maisons ; E et F, qui ressemblent à un râteau et à une pelle, et G, un gros homme assis dans un fauteuil ; I danse sur la pointe de ses pieds, avec sa petite tête qui se détache à chaque bond, pendant que J se balance ; mais K est cassé comme un vieillard, R marche à grandes enjambées comme un soldat, et Y est debout, les bras en l’air et crie : au secours ! L est un arbre au bord de la rivière, M est une montagne ; N est pour les noms et les gens saluent de la main, P dort sur une patte et Q est assis sur sa queue ; S, c’est toujours un serpent, Z toujours un éclair ; T est beau, c’est comme le mât d’un bateau, U est comme un vase. V,W, ce sont des oiseaux, des vols d’oiseaux ; X est une croix pour se souvenir. »
  • Hugo : A, c’est le toît, le pignon avec sa traverse, l’arche ou c’est l’accolade de deux amis qui s’embrassent et se serrent la main ; B, c’est le dos ; B, c’est le D sur le D, le dos, sur le dos, la bosse…..(voir L’écriture, mémoire des hommes, p202)

Ce sont des débuts de listes, à continuer et à tenter de représenter graphiquement

Rupture : A la recherche de l’identité – des mots et ds signes personnels pour créer une signature-tampon destinée à impressionner les autres (40 minutes)

  1. Lecture d’un extrait d’Amin Maalouf, les identités meurtrières et prises de mots au vol(10’)
  2. Portrait chinois – : si j’étais un animal, un objet caché dans une poche, une partie de mon corps, un geste, un outil, un chiffre, un signe (10’)
  3. Brainstorming : se souvenir de tous les signes qui « marquent » mon histoire. (10’)
  4. Dans ces deux listes de mots, chacun choisit un ou deux mots qu’il aime et les explore graphiquement (le mot et l’objet-signe) (pinceau, encre de chine, gouache noire) (15’) : cette exploration doit permettre de mettre en avant les qualités du mot ou la simplicité de l’objet-signe qui impressionneront l’autre

Reconstruction : création du tampon autour de son monogramme (50 minutes)

Un monogramme est un dessin réunissant plusieurs lettres en un seul signe, avec ou sans ornements ou symboles supplémentaires. Il sert à signer, à marquer un sceau, des meubles ou tout autre objet appartenant au propriétaire du monogramme. (pex : le chrisme, un monogramme des deux premières lettres du mot grec désignant le Christ)

  1. Nous montrons différents monogrammes/emblêmes existants (cfr manuels d’héraldique) (10’)
  2. Création de son propre monogramme en utilisant une technique en creux ou en relief pour créer des multiples
    1. Première étape (possible) : essais par monotypes (pour préserver l’effet de surprise)
    2. Technique de la gomme ou du lino.
  1. pour que chacun fabrique son cachet (marque personnelle destinée à certifier l’authenticité d’un objet, d’un écrit et parfois son origine) avec son monogramme. Ce monogramme fera écho à ce qu’on est vraiment ou a ce qu’on voudrait être : une sorte de sceau qui dise « j’existe », « c’est moi »

Matériel

  • Encre de chine, revues, ciseaux, papier, pinceaux, sable, crayons..
  • Lino, encres, gouges et matos de lino…
  • Musique :
  • Bibliographie
    • Editions de la Taupe – autour des lettres, une histoire, un livre / Un R de famille, Mons nous les uns les autres/Y être/Plainte contre Iqsse/H Hors
    • L’abecedaire Seçuk, Ecole des Loisirs, 1995
    • T. Johnson, Alphabethville, Circonflexe, 1995
    • L’alphabet de la jungle, Gallimard Jeunesse, 1998
    • Pitteau et Gervais, ABC, Seuil Jeunesse, 2000
    • Guenoun, Les mots ont des visages, Autrement Jeunesse, 1998 (2 livres) (sur les mots-images)
    • Rascal, Boîte à outils, Pastel, 2001
    • Esma et Nacer Khemir, L’alphabet des sables, Syros, 1998
    • A. Ouaknin, Les mystères de l’alphabet, Assouline, 1997
    • Cornec, Le monde des alphabets, Circonflexe, 1998

 

 

Une réflexion au sujet de « Je signe donc j’existe »

  1. artsplastiques

    Ma signature insolite dans l’espace, tel était un sujet que j’avais élaboré avec des élèves de troisième. Une piste très intéressante. Je crois que je vais le reprendre.
    Merci pour le lien, je vais mettre le vôtre sur mon blog.
    Bonne continuation. PS, je partage votre avis sur l’évaluation.

    Aimé par 1 personne

    Répondre

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s